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Le statut de la femme en Norvège

femme norvégienneA l'occasion de cette Journée Internationale de la Femme, je me suis dit qu'il serait intéressant d'évoquer un pays réputé pour son avance en matière de droits de la Femme : la Norvège. « Sûres d'elles-mêmes, robustes et libérées ­ la condition des femmes norvégiennes est la meilleure du monde », prétendent deux experts américains. Les Norvégiennes sont-elles réellement mieux loties que nous ? Si oui, dans quelle mesure ? Petite mise au point.

En Norvège, les droits de la femme sont une question importante sur le plan politique. Depuis plusieurs décennies, le gouvernement et le Parlement norvégien mènent une politique aiguë en faveur de l'égalité des sexes. D'ailleurs, les gouvernements qui se sont succédé depuis les années 1980 ont toujours été constitués de près de 50 % de femmes. De nombreux pays s'inspirent des méthodes norvégiennes pour promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes.

Le rôle des hommes : grossesse et paternité

En Norvège, les politiciens considèrent que le combat pour l'égalité de statut entre les hommes et les femmes passe par un nouveau regard sur le rôle des hommes dans la société. Ainsi, la réflexion sur la place des hommes a permis de modifier la législation sur la grossesse et la maternité. Les nouveaux papas Norvégiens bénéficient depuis 1993 de quatre semaines de congé de paternité. Combien de pays au monde ont institué un congé de paternité exclusif aussi long, permettant aux papas de rester auprès de leur enfant ? Dès la première année de la mise en vigueur de la loi, la part des papas norvégiens prenant leur congé de paternité est passée de 40 à 70% : aujourd'hui, la plupart des hommes s'accordent une partie au moins de ce congé et considèrent la chose comme parfaitement naturelle. (là où en France, peu d'hommes prennent leurs 14 jours de congés, et où c'est même carrément mal vu dans certaines entreprises)

Au cours des dix dernières années, la loi norvégienne sur l'enfance a renforcé les droits du père. En cas de divorce, l'attribution du droit de garde, par exemple, ne revient plus nécessairement à la mère. Ce qui est très loin d'être le cas en France où quasi systématiquement ce sont les mères qui bénéficient du droit de garde, à leur avantage. Une injustice d'ailleurs décriée par des groupes de papas divorcés mécontents (à juste titre, à mon avis. N'y a-t-il pas une forme de sexisme à considérer que l'enfant a plus besoin de sa mère que de son père ?). En cas de conflit sur l'attribution de la garde de l'enfant par suite d'un divorce, la justice norvégienne se fonde non pas sur leur sexe mais sur l'aptitude des deux parents à l'éducation de l'enfant.

Des femmes nombreuses en politique et un médiateur spécifique

La part des femmes à tous les niveaux de gouvernement est l'une des plus élevées au monde. En 1988 a été introduite la « règle des quotas 40 % ­ 60 % » dans tout conseil, commission ou comité de plus de quatre personnes. En d'autres termes, il ne peut jamais y avoir moins de 40 % de femmes dans ces instances publiques.
Aujourd'hui, il est impensable pour un parti politique norvégien, quelle que soit son orientation idéologique, de ne pas avoir une importante représentation féminine au sommet de sa hiérarchie. Cette « révolution politique féminine » n'est bien entendu pas étrangère à la situation favorable de la femme dans la société norvégienne.

En 2002, le gouvernement conservateur chrétien fit aboutir l'exigence pour les entreprises privées d'adopter la même règle de répartition 40 % ­ 60 % dans leurs conseils d'administration.

L'institution d'un médiateur spécifique, officiellement nommé, chargé de veiller à l'égalité des sexes a fait de la Norvège le pays de l'égalité des sexes. Ce fut le premier pays à instituer un médiateur dans ce domaine. L'abondante législation dédiée à l'égalité des sexes a été regroupée en une seule loi qui fête ses 35 années d'existence en 2013.
L'une des tâches du médiateur consiste à veiller à ce que les femmes enceintes ou en congé de maternité ne soient pas licenciées. Il est interdit de licencier une employée enceinte ou en congé de maternité. De même qu'il est interdit d'empêcher un homme de prendre un congé de paternité, si le couple désire que ce soit l'homme qui reste auprès de l'enfant durant la première année suivant la naissance. Ainsi, il y a eu au sein du gouvernement norvégien, l'exemple d'une femme ministre qui a laissé une grande partie de son congé de maternité à son conjoint.

Le revers de la médaille

Malheureusement, tout n'est pas rose non plus pour les Norvégiennes, loin s'en faut. Si la Norvège vient en tête de 16 pays européens pour le taux d'activité professionnelle des femmes (69% de Norvégiennes travaillent), elles sont encore très nombreuses à exercer un emploi à mi-temps, principalement pour s'occuper de leurs enfants.
Dans le secteur économique, bien que les femmes constituent près de la moitié des effectifs, les postes décisionnels majeurs occupés par des femmes au sommet de la hiérarchie se comptent plutôt sur les doigts de la main.
Bien que 60 % des nouveaux étudiants soient des jeunes filles, beaucoup d'entre elles choisissent des formations débouchant sur des professions mal payées, telles que l'aide sociale et les soins, alors que ceux choisis par les jeunes hommes sont mieux rémunérés et plus prestigieux. Il n'existe en Norvège que peu de professions dont les emplois sont distribués à peu près à égalité entre les femmes et les hommes. Des mesures ont été mises en place pour lutter contre les inégalités de salaires entre hommes et femmes : dans de nombreuses branches d'activité à prédominance féminine, un « complément de rémunération » a été versé à plusieurs reprises aux employées en sus d'une augmentation de salaire.

Des inégalités en matière de partage des tâches ménagères existent aussi : les Norvégiennes consacrent aux tâches familiales beaucoup plus d'heures que leurs partenaires masculins. Ce n'est cependant pas dû à une mauvaise volonté de la part des hommes mais plutôt au fait qu'ils font plus d'heures supplémentaires que les femmes. Une « révolution silencieuse » a cependant lieu dans les foyers : les femmes qui travaillent passent beaucoup plus de temps à suivre l'évolution de leurs enfants qu'avant : elles lisent pour eux, participent à leurs jeux, les aident dans leur travail scolaire, etc. Quant aux hommes, ils font passer en priorité leur présence auprès des enfants bien avant les travaux domestiques. 

Les nouveaux papas : vers un changement des mentalités ?

Dans les jeunes générations actuelles, beaucoup d'hommes ne ménagent pas leur peine pour assumer leur part de tâches ménagères. Ils sont nés et ont grandi avec le mouvement de libération de la femme, l'égalité de statut entre les sexes leur a été inculquée dès le plus jeune âge. Ainsi, lorsqu'ils deviennent pères, il est tout aussi naturel pour eux de s'absenter de leur lieu de travail lorsqu'un enfant est malade que cela l'est pour la mère. Sur ce point, les femmes et les hommes ont acquis des droits égaux. Les études menées sur les conditions de vie en Norvège montrent que les pères de jeunes enfants sont de plus en plus nombreux à souhaiter moins travailler pour pouvoir consacrer plus de temps à leur foyer.
Les hommes nouvelle tendance émergent : certaines personnalités de haut rang renoncent même à une carrière politique qui nuit à leur rôle de père. Un homme politique éminent qui avait avoué qu'il n'avait assisté à aucun des anniversaires de son fils de 9 ans car il plaçait très haut sa fonction de membre du Parlement, s'est ainsi fait littéralement huer, et on estime que de telles déclarations risquent de compromettre les chances de quelqu'un d'être élu comme chef de parti. 

La Norvège,­ une société égalitaire ?

On le voit, en matière d'égalité de statut entre les sexes, la Norvège est en avance sur bien des pays, y compris européens. Malgré les défauts et les lacunes du système, il me semble un modèle positif vers lequel nos sociétés doivent tendre. Personnellement, je crois au changement des mentalités et je pense et j'espère que ce changement arrivera avec les générations futures. Je prédis que dans plusieurs décennies, la place des pères dans la société aura encore évolué, grâce à nos petits garçons, qui devenus grands, trouveront normal de changer les couches et de se consacrer à leur progéniture puisque leurs pères l'ont fait... D'ailleurs, j'étais récemment au Portugal où j'ai pu constater que là-bas, il y a des tables de change aussi bien dans les toilettes des hommes que dans celles des femmes ! Une bonne chose que je n'ai jamais vue en France...

Bonne Journée à toutes les femmes ! (et aux hommes aussi) :)

Source de l'article : "Le statut de la femme en Norvège", Pernille Lønne Mørkhagen, journaliste au quotidien Aftenposten

Crédit photo : My little Norway

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