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L'histoire de la Mère Poulard

mère poulardDe retour d'une jolie escapade au Mont-Saint-Michel (que Maupassant appelait un « château de fées planté dans la mer »), j'ai eu envie de m'intéresser à l'histoire de la Mère Poulard. On connaît tous les fameux sablés de la Mère Poulard, vendus en grande surface, mais c'est pour son auberge et son omelette que l'une des plus célèbres cuisinières françaises est réputée...

Tout commence en 1872. Anne Boutiaut (surnommée Annette), âgée de vingt ans, est alors femme de chambre au service d'Edouard Corroyer, chargé par le gouvernement de la restauration de l'abbaye du Mont-Saint-Michel. La future Mère Poulard découvre la Normandie qui lui change de son Nevers natal. C'est là qu'elle fait la connaissance du fils du boulanger du Mont, Victor Poulard, qu'elle épouse le 14 janvier 1873. 

Les Poulard décident de prendre en gérance un modeste établissement : l'hostellerie de la Tête d'Or. A l'époque, il n'y a pas foule au Mont-Saint-Michel. Celui-ci n'attire qu'une poignée de pèlerins, d'archéologues, d'artistes et d'hommes du monde, rien de la foule qui s'y presse aujourd'hui. Pour y accéder, les visiteurs sont dépendants de la marée (puisqu'il n'existe pas de digue-route). Ils s'y rendent donc au gré des vagues, à n'importe quelle heure. Par conséquent, il faut satisfaire leur appétit dès leur arrivée.

Pour les faire patienter en attendant le plat principal, Annette leur offre une omelette. Elle était cuite dans un feu de bois sec qui flambait dans l'âtre. L'omelette de Madame Poulard était rosée, baveuse, fumante et savoureuse. Cette omelette connut un grand succès, et surpassa même la réputation de ses autres plats. L'établissement devient prospère.

En 1888, le couple Poulard quitte l'ancien établissement pour acquérir l'hôtel du Lion d'Or, qu'ils font démolir pour édifier un hôtel qui a pour enseigne : « À l'omelette renommée de la "Mère Poulard". » Le surnom de "Mère" est un titre honorifique qui distingue ses qualités de cuisinière et sa contribution à la renommée de la gastronomie française.

L'attractivité grandissante du Mont-Saint-Michel consolide la renommée des omelettes et de l'hospitalité de la Mère Poulard. « On ne peut se rendre au Mont-Saint-Michel sans aller goûter l'omelette », lit-on dans les gazettes. Le beau monde se presse chez elle : hôtes illustres, princes, rois, célébrités, savants, hommes politiques... Parmi ces clients de marque, on compte Léopold II, roi des Belges, ou encore Clémenceau qui restera un fidèle ami d'Annette.

L'accueil de la maîtresse des lieux est aussi fameux que son omelette. La Mère Poulard sait mettre en confiance ses visiteurs par sa chaleur humaine et son sens de l'hospitalité. Telle une mère recevant ses enfants, elle s'enquiert de leur sort : « Avez-vous fait un bon voyage ? [...] Passez vite à table, car vous devez être mort de faim. [...] Madame, donnez-moi ce manteau, que je le fasse sécher. [...] Soyez tranquille, on vous le rendra repassé pour la visite du château. Prenez cette écharpe en attendant. [...] Et cet enfant, n'a-t-il pas eu peur ? [...] Maintenant, remettez-vous. Prenez votre temps. Mangez bien. Et quand vous aurez fini, on vous montrera le chemin. »

La cuisinière était également réputée pour ses biscuits, notamment la traditionnelle galette sablée qu'elle distribuait aux enfants des pèlerins du Mont-Saint-Michel. Pendant plus d'un siècle, la production de biscuits était limitée à l'Auberge de la Mère Poulard. Elle se développa ensuite aux alentours du Mont-Saint-Michel, pour s'étendre dans tout le pays et à l'étranger avec la création de la Biscuiterie Mère Poulard. 

La Mère Poulard propose aujourd'hui des biscuits élaborés à partir de recettes traditionnelles, de qualité supérieure, sans colorant ni conservateur.

J'ai eu l'occasion de déjeuner dans l'un des restaurants de la Mère Poulard. L'ironie de l'histoire, c'est que je ne cherchais pas particulièrement à le faire. Simplement, il pleuvait alors je me suis réfugiée dans le premier établissement venu et c'était "Les terrasses de la Mère Poulard". Ce n'est que plus tard, en voyant une queue continuelle d'une heure que j'ai réalisé que j'étais dans l'illustre maison ! De midi à 14h30, une foule constante de touristes faisait la queue pour avoir une table... (chose que je ne ferais jamais, j'ai eu de la chance en ayant une table tout de suite).

Malheureusement, il faut croire que la maison est plus devenue un attrape-touristes qu'autre chose. La cuisine (vendue à prix d'or) y est plus ordinaire que gastronomique. La fameuse omelette ne plaît plus autant. On paie surtout le lieu, je pense... D'ailleurs, au début, quand je ne savais pas encore qu'il s'agissait de la Mère Poulard, en regardant la carte, je n'étais pas très attirée ! Dommage car avec la renommée de la maison, on aurait pu s'attendre à des plats de qualité. C'est correct mais sans plus. J'ai été dans des restaurants (gastronomiques) bien meilleurs.

Restent les sablés et autres biscuits de la Mère Poulard, que j'ai toujours aimé et trouve bons pour des biscuits industriels.

Sources : Wikipédia, Site web de la Biscuiterie de la Mère Poulard
Crédits photos : Biscuiterie de la Mère Poulard, le-mont-saint-michel.org

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