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Thank you South Africa

émeutes sowetoC'était il y a sept ans de cela... J'étais seule, dans ma petite chambre de Kloof Street, dans la charmante ville du Cap, après une journée ordinaire à l'université. Je me sentais loin de tout, mes proches me manquaient, je galérais avec cette thèse qui n'en finissait pas et me donnait du fil à retordre. Gros coup de blues à ce moment-là. Et pourtant, j'adorais cette ville, j'adorais - et adore toujours - l'Afrique du Sud, les sud-africains. J'aimais mon mode de vie et la qualité de vie que j'avais (le soleil, la mer, la joie de vivre des gens, une impression de vacances toute l'année). Mais il me manquait quelque chose... Et il fallut ce coup de déprime pour le réaliser : l'écriture. Comme beaucoup de petites filles, j'écrivais des histoires quand j'étais enfant. Cela n'a en soi rien d'exceptionnel. Tout le monde ou presque le fait. Ado, j'ai continué. Ces histoires ne valaient rien, et je pousserais des cris d'horreur si je les relisais. Puis, ce furent des poèmes, des nouvelles, des débuts de romans jamais terminés (faute de trouver mon style), et enfin, des scénarios de BDs... A 17 ans, j'entamais des études d'architecture, pour lesquelles je me donnais corps et âme, et c'est là que j'ai tout arrêté. Je n'avais plus le temps. Tout simplement.

Pourtant, ce ne fut pas une période vaine. J'ai appris des tas de choses durant ces années, cela m'a ouvert des horizons artistiques insoupçonnés. Sur le plan créatif, artistique, culturel et humain, j'ai appris plus durant ce cursus que sur l'ensemble de ma scolarité (université comprise). Mais à un moment, il faut croire que je n'étais pas un écrivain du dimanche, comme beaucoup de gens (il paraît qu'un Français sur 2 ou sur 4, je ne sais plus, se targue d'écrire). Moi, j'avais vraiment besoin d'écrire. Un besoin qui vous fait craquer. Péter les plombs. Souffrir. Les écrivains du dimanche - pour qui j'ai le plus grand respect, n'y voyez là aucun mépris ! Ma vie serait d'ailleurs beaucoup plus simple si j'en étais un - écrivent fort bien, certains peut-être mieux que moi, mais à la différence des auteurs du lundi, ils peuvent passer des années sans écrire. Certains ne termineront même jamais leur manuscrit. Moi, toutes ces années passées sans écrire, passées à me dire que ce n'était pas sérieux, j'en ai payé le prix. Et j'ai perdu du temps. Beaucoup de temps. J'aurais publié à 23 ou 25 ans si je ne m'étais pas censurée moi-même. Peut-être est-ce pour cela qu'aujourd'hui j'écris frénétiquement ? (un livre par an et 4 blogs) Pour rattraper ces années perdues. Durant cette période, j'ai souvent eu le moral au plus bas. J'étais parfois perdue. J'ai cru que c'était pour d'autres raisons, mais la vraie raison était là. Alors, ce soir-là, dans ma petite chambre de 30 m², j'ai décidé de reprendre ma plume. Et j'ai écrit une pièce de théâtre. Ce fut le début de ma résurrection, et c'est à partir de là que j'ai décidé de le faire "sérieusement". Deux ans plus tard, j'achevais le manuscrit de mon roman sur Marie-Antoinette, qui deviendrait Le destin d'une couronne, et serait publié un an après par les éditions Téqui. Il serait suivi deux ans plus tard par un autre roman historique, résolument jeunesse cette fois, le tome 1 de la série Le Couvent de la Reine. Et un an plus tard, le tome 2. Le XVIIIe siècle est ma période historique préférée (mes fidèles lecteurs ont dû s'en rendre compte) mais ce n'est pas mon unique centre d'intérêt. Je n'ai pas oublié l'Afrique du Sud. Je n'ai pas oublié ce pays où j'ai vécu. J'ai lu des livres sur l'apartheid, période si mal connue en réalité. Et j'ai été profondément émue. Touchée. Révoltée. Alors, j'ai quitté mon cher et confortable XVIIIe siècle, j'ai quitté l'histoire de France pour m'intéresser à cette période noire de l'histoire contemporaine. Je voulais moi aussi écrire sur l'apartheid. Oh, de manière humble seulement. A travers un récit pour les jeunes et les moins jeunes. Je l'ai bouclé en quelques mois et je l'ai envoyé à un éditeur parisien en août dernier. Deux jours plus tard, l'éditrice me contactait pour m'annoncer qu'elle voulait le publier. Selon ses mots, le roman était très joli, émouvant. D'après mes calculs, elle l'avait lu en un jour. Voilà. Dans je ne sais combien de temps - ne me demandez pas -, mon roman sur l'apartheid et l'Afrique du Sud sera publié. Et j'en suis fière car il me tient à coeur. Je ne l'aurais jamais écrit si je ne m'étais pas retrouvée dans cette petite chambre du Cap, à l'autre bout du monde, loin de tout, seule et solitaire (j'avais pourtant une vie sociale très développée. Mais vous le savez, un seul être vous manque, et tout est dépeuplé...).
Je sais que mes parents et ma famille préfèreraient me voir écrire sur Madagascar, sur mes origines, mais on ne choisit pas son sujet. C'est le sujet qui vous choisit. A chaque fois que j'ai voulu écrire sur un sujet en particulier, j'ai échoué. C'est lorsque j'ai écouté mon coeur que j'ai réussi à publier.
So thank you South Africa.

ps : le titre de l'article est un clin d'oeil à la chanson d'Alanis Morrissette "Thank You" (qui comporte la phrase "Thank you India").
pps : je n'ai volontairement pas mentionné le nom de l'éditeur car tant que le livre n'est pas sorti, je trouve que ça porte malheur d'en parler. ;)
pps : la photo est le cliché tristement célèbre de la mort du jeune Hector Pieterson, tué à l'âge de 13 ans par les autorités blanches alors qu'il manifestait pacifiquement contre l'usage de l'Afrikaans, langue de l'oppresseur, à l'école. Elle est l'emblème des terribles émeutes de Soweto dont je parle dans mon livre et qui gagnent à être connues...

Crédit photo : yomzansi.com

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