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Life and Style

L'art de vivre à la russe au XIXe siècle

Vue de Neva

Au XIXe siècle, dans la Russie des tsars, Saint-Pétersbourg était telle que la souhaitait son fondateur, Pierre le Grand. À l’inverse de Moscou, cette ville, conçue dans le but de rivaliser avec l’Occident, était européenne et non pas russe. Il s'agissait de montrer à l'Europe la grandeur de l'empire russe, en quoi elle n'était pas une contrée arriérée et barbare, comme beaucoup le pensaient.

Tout en Saint-Pétersbourg parlait de l’Occident : son architecture, ses habitants, ses courants de pensée. Ses jardins décorés de statues et de fontaines, ses larges avenues,  ses palais baroques rappelant l’Italie, ses édifices publics aux proportions colossales. Ainsi la cathédrale Notre-Dame de Kazan est une copie fidèle de la basilique Saint-Pierre de Rome.

Sous le règne de Nicolas II (1894-1917), tout ce qui se fait de mieux en Russie en termes de modernité, d’élégance, de progrès, est à Saint-Pétersbourg. Ses opéras, ses ballets, ses concerts sont les plus raffinés. Sa bonne société parle français* et non russe, fait venir ses meubles et ses robes de Paris, part en vacances à Biarritz, en Italie, sur la Côte d’Azur. Ses habitants sont cultivés, ils lisent Pouchkine, Gogol, Dostoïevski, Tolstoï, Tourgueniev.

Palais Marie
Les nuits pétersbourgeoises sont somptueuses : on applaudit le Ballet Impérial sur la scène du théâtre Maryinski, on dîne au Cuba. La saison hivernale n’est qu’un défilé de concerts, d’opéras, de bals, de réceptions, de soupers fins… où les convives, ruisselant de bijoux, se gavent d’esturgeon froid, d’œufs farcis, de mousses de volaille et de caviar, le tout arrosé de champagne.

Bref, sous l'ère impériale, contrairement aux idées reçues, l'élite russe est l'une des plus brillantes de son temps. La cour de Russie n'a rien à envier à celle de Versailles. Catherine II était d'ailleurs passionnée par la culture française et ne cessa de protéger des artistes français, bien plus que des artistes russes. Elle fit venir de France des troupes de théâtre et d'opéra, commanda sous les conseils avisés de Diderot d'innombrables œuvres de tout l'Occident, qu'elle réunit dans son Ermitage, à côté du Palais d'Hiver.

Il est devenu le musée de l'Ermitage, un des plus grands musées du monde, s'étalant sur 10 km de galeries. « Seulement » 67000 œuvres, soit 5% des trois millions de pièces de la collection, se partagent les 400 salles du musée réparties entre le Palais d’Hiver, le Petit Ermitage, le Vieil Ermitage, le Nouvel Ermitage et le théâtre. On dit que si l'on passait une minute devant chaque œuvre, il faudrait 8 ans pour le visiter dans sa totalité...

Musée Ermitage

Vous pouvez en apercevoir un échantillon à l'exposition "Romanov, tsars collectionneurs", à la Pinacothèque de Paris (jusqu'au 29 mai 2011).

Pinacothèque de Paris
Exposition "Romanov, tsars collectionneurs"
28 Place de la Madeleine
75008 Paris
01 42 68 02 01
Métro : Madeleine
Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : 8 €

Présentation de l'exposition : "En l’espace de deux siècles, les Romanov ont élaboré l’une des plus belles collections du monde et construit un musée moderne, ouvert au grand public dès 1805."

*Le fait de parler français était une particularité des cours européennes sous l'Ancien Régime.

Images : dans l'ordre : Saint-Pétersbourg en 1753, Le Palais Marie en 1849, le musée de l'Ermitage

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