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Rois & reines

Comptines et chansons révolutionnaires

Marie-Antoinette
Le saviez-vous ? Les a priori innocentes berceuses "Le bon roi Dagobert" et "Il pleut, il pleut bergère" que nous chantons à nos têtes blondes étaient en fait des chansons satiriques...
"Le bon roi Dagobert" date du XVIe siècle et évoque le roi des Francs,  Dagobert 1er (602-638), et son ministre Eloi. Elle était inspirée d'un ancien air de chasse, "La fanfare du grand cerf". Plus tard, des couplets furent ajoutés au chant initial, chacun y apportant sa touche. Le "roi mal culotté" fait ainsi référence au roi Louis XVI. (Les culottes n'existaient pas du temps de Dagobert...) Les paroles tournent en dérision la monarchie en la personne du roi. Comme sa soi-disant nonchalance : "Le grand saint Éloi lui dit : Ô mon roi ! Votre Majesté est bien essoufflée. C'est vrai, lui dit le roi, un lapin courait après moi." Un autre couplet, qui n'a pas survécu dans la version moderne, raille la reine Marie-Antoinette : "Le grand saint Éloi lui dit : Ô mon roi ! Vous avez la peau plus noire qu'un corbeau. Bah, bah, lui dit le roi, la reine l'a bien plus noire que moi."

"Il pleut, il pleut bergère" fut écrite en 1780 par Fabre d'Eglantine, poète et révolutionnaire. Elle avait pour titre originel "Le Retour aux champs". Son titre actuel s'imposa en 1787.

Ses paroles visaient Marie-Antoinette. La "bergère" est une référence au Hameau de la Reine, à Trianon. Inspiré par le hameau de Chantilly, ce domaine comportait une ferme et douze chaumières. La reine l'avait commandé pour s'éloigner des pesanteurs de Versailles.  Les gens se moquèrent d'elle, considérant qu'elle "jouait à la bergère". En réalité, le hameau de Marie-Antoinette, qui était une véritable exploitation, avait pour but de célébrer la culture agricole de la France. La souveraine pensait également que la ferme permettrait à ses enfants de faire l'expérience de la vie à la campagne, sans quitter Versailles. Soucieux de donner à leur progéniture la meilleure éducation possible, le roi et la reine souhaitaient que leurs enfants ne soient pas coupés du monde réel et du mode de vie des paysans. Dernier avantage : au Hameau, ils pouvaient être eux-mêmes, loin du protocole étouffant de la cour.

A la ferme, Marie-Antoinette s'habillait parfois simplement (comme sur le portrait ci-dessus, en gaulle, qui fit scandale). Cela lui valait les critiques acerbes des courtisans et du peuple, voyant cela comme décadent et frivole.

Si l'on analyse les paroles de la chanson, on peut interpréter les phrases : "Voici, venir l'orage, voici l'éclair qui luit. Entends-tu le tonnerre ? Il roule en approchant." comme une allusion aux troubles pré-révolutionnaires.

On raconte que l'auteur de ce chant l'aurait fredonnée en montant à l'échafaud en 1794.